Richard Dawkins : il
est important de comprendre que le gène égoïste n'implique
pas l'individu égoïste. Il s'agit au contraire d'une manière
d'expliquer les comportements altruistes aussi bien qu'égoïstes.
Au niveau moléculaire, tout est égoïsme dans la mesure
où le gène a pour raison d'être de se préserver.
Mais lorsque les gènes en viennent à constituer un organisme
complet, le comportement de cet organisme pourra être décrit
tantôt comme altruiste tantôt comme égoïste. Un
individu sera égoïste s'il vise avant tout à protéger
sa propre existence. Ce faisant, il protège aussi ses gènes
égoïstes. En revanche, lorsque le même individu protège
son fils ou son neveu, il agit de manière altruiste. Au niveau
du gène, toutefois, ce comportement reste égoïste :
du fait des lois mendéliennes, il existe en effet une forte probabilité
pour que le fils ou le neveu en question possède des gènes
identiques à ceux de son protecteur.
Richard Dawkins : la plupart des gens qui s'en sont offusqués n'ont pas vraiment lu le livre. Ils ont présumé que " gène égoïste " était synonyme d'" individu égoïste ". Cela ne signifie pas pour autant que ceux qui ont lu le livre ont toujours su éviter de telles erreurs d'interprétation. Richard .Dawkins : il s'agit d'un rapport statistique. Il existe des variations interindividuelles dans les comportements : certains individus sont plus agressifs que d'autres, par exemple. Il existe aussi des variations interindividuelles dans les gènes. Dès lors qu'il existe une corrélation entre la variation comportementale et la variation génétique, la sélection naturelle peut opérer. Si nous parlons de " gène de l'agressivité ", c'est uniquement dans une perspective darwinienne : cela signifie qu'il existe une sélection au niveau des gènes associés à un individu de comportement agressif. En d'autres termes, si vous possédez de tels gènes, vous ne serez pas inévitablement et irrévocablement agressif : il existe seulement une probabilité significative pour que vous vous comportiez agressivement dans un certain type d'environnement. Richard Dawkins : je considère que la psychologie évolutionnaire offre une très bonne approche. En fait, elle n'est guère différente de la manière dont un darwinien conséquent aborde la question du comportement. Plutôt que parler de gènes influant le comportement, on parlera ici de gènes influant la psychologie. Les ouvrages de Cooley, Cosmides, Daly, Wilson sont brillants et convaincants : je ne peux que fortement recommander la lecture de leurs travaux. Richard Dawkins : presque toutes les espèces sont uniques : il en va de même de l'espèce humaine, qui se distingue très fortement parmi les animaux. Nous possédons le langage, qui est authentiquement unique, nous avons aussi magnifiquement développé des aspects non fonctionnels de la culture, comme la musique, la poésie, les mathématiques, la philosophie. Ces manifestations émanent d'un cerveau qui reste fondamentalement un cerveau animal, un organe de survie, mais qui a pris au cours des derniers millénaires des directions que l'on ne pouvait anticiper. Ces orientations récentes n'ont plus grand-chose à voir avec la survie génétique, surtout aujourd'hui où cette survie au niveau individuel n'est pas très difficile : nous vivons dans des maisons chauffées, nous portons des vêtements, nous achetons notre nourriture et la société nous permet de rester en vie. Cette situation offre précisément à notre cerveau l'opportunité de développer des activités émergentes comme la musique, la philosophie ou les mathématiques. En cela, nous sommes uniques. Richard Dawkins : oui. Il est fort difficile de la mesurer - il existe beaucoup de controverses à ce sujet -, mais il est évident que notre espèce se distingue sur ce point de toutes les autres. Richard Dawkins : Il
existe de solides arguments scientifiques pour penser que toute vie se
développe selon le modèle darwinien. Néanmoins, les
preuves actuelles de l'existence présente ou ancienne de la vie
sur Mars ne me paraissent pas très convaincantes. Si elles le devenaient,
cela serait bien sûr très excitant. On peut imaginer que
les formes de vie soient semblables et que Mars ait fécondé
la Terre (ou inversement) à travers des projections de météorites
dans l'espace. Richard Dawkins : il y a deux manières de répondre à cela. La première est d'examiner les détails de la vie terrestre et d'imaginer qu'il en va sans doute de même ailleurs. C'est ainsi que certains raisonnent lorsqu'ils affirment que la vie dépend de l'eau. Une autre méthode consiste à envisager la question de manière théorique, en réfléchissant de manière plus abstraite à ce qui est nécessaire pour produire la vie. Dans ce cas, la réponse est : l'autoréplication, selon le modèle génétique. La vie serait l'équivalent d'un code, dont l'ADN est le support sur notre planète. Elle devrait produire des copies d'elles-mêmes, les copies devraient contenir la même information codée que leurs parents, avec une faible proportion de mutations, d'erreurs de copie. Ces qualités se retrouvent bien sûr dans l'ADN, mais aussi bien dans les ordinateurs : on peut ainsi dire que les virus informatiques sont des entités autoréplicantes. Richard Dawkins :
oui, je le pense. Il y a beaucoup de confusions à ce sujet. Si
vous créez un monde artificiel, peuplé de formes de vie
artificielles qui se répliquent, se reproduisent, évoluent,
la plupart des gens diront toujours : " Ah, mais tout cela n'est
qu'abrité dans des ordinateurs fabriqués par l'homme ".
Ce qui est vrai, bien sûr. Mais cette remarque est aussi triviale,
car le principal enseignement des ordinateurs est justement qu'il est
possible de créer des environnements où l'autoréplication
darwinienne de la vie fonctionne. Richard Dawkin. : elle pourrait être stockée dans le silicium. Les puces informatiques ont un fonctionnement digital très proche de celui du code génétique de l'ADN. Vous pouvez quantifier l'information de la même manière, en la mesurant en bits. La différence la plus évidente est que l'ADN dispose de quatre symboles fondamentaux alors que l'informatique n'en connaît que deux. Mais à part ce détail, toute la terminologie développée par les informaticiens s'applique fort bien à l'ADN. Richard Dawkins : Je ne trouve pas cela perturbant, mais difficile à concevoir. Cela nous projette aux limites de notre compréhension en nous obligeant à réfléchir sur ce que signifie le fait d'être conscient. Je sais que je suis conscient, je pense que vous l'êtes, mais d'un point de vue philosophique, il est déconcertant de devoir expliquer ce que cela signifie réellement. Dans les prochains siècles, ou peut-être même dans celui-ci, il est très probable de voir naître des ordinateurs conscients. Cette probabilité nous oblige à repenser à la conscience et cet exercice se révélera très perturbant. Mais en soi, je suis nullement dérangé à l'idée que notre espèce devra partager la planète avec d'autres êtres conscients. Richard Dawkins : Il fut un temps où tout le monde pensait que l'évolution était progressiste, mais le sujet est devenu plus controversé. Il existe une certaine vanité de notre espèce, qui tend à concevoir toute l'évolution comme devant aboutir à elle. Mais c'est clairement faux. Ce qui apparaît après 3 milliards d'années d'évolution n'est pas nécessairement l'homme. Vous pouvez néanmoins prédire l'émergence de modèles ou de tendances. En imaginant une évolution différente depuis l'origine, je ne prédirais pas l'existence des hommes en particulier, mais certainement celle des plantes et des animaux pour manger ces plantes. Richard Dawkins :
En effet. Il existerait des variations de taille entre les espèces.
Vous pouvez même imaginer que le vol, l'œil ou la jambe apparaîtrait.
Cette prédiction est facile à faire : l'évolution
telle que nous la connaissons a pris de nouveaux départs, la plupart
des espèces ayant existé se trouvant aujourd'hui éteintes.
Quand les dinosaures ont disparu, les mammifères ont rapidement
connu une radiation évolutive et ont rempli les niches jadis occupées
par leurs prédécesseurs. Les énormes dinosaures carnivores
ont été remplacés par des mammifères également
carnivores, quoique moins impressionnants. De même, les reptiles
volants ont été remplacés par d'autres espèces
volantes, et ainsi de suite. Le même phénomène se
constate en comparant les différentes parties du monde. Quand l'Australie
s'est isolée en se séparant du continent, elle a emporté
avec elle des mammifères primitifs. Bien qu'ils soient loin d'être
identiques aux mammifères des autres parties du monde, leur évolution
a été clairement parallèle. Richard Dawkins :
L'image de l'horloger est née en 1800, voici donc plus de deux
siècles. Cette analogie fut choisie par William Paley dans sa Théologie
naturelle : si vous trouvez une montre, vous constatez que tous les mécanismes
en ont été conçus pour s'adapter les uns et aux autres
en vue de fonctionner de manière efficace - en l'occurrence, en
vue de donner l'heure. Un tel objet doit donc avoir été
fabriqué et, par cette simple analogie, l'auteur en déduit
que l'œil et les autres organes biologiques devaient aussi l'avoir été.
Richard Dawkins : les gens qui soutiennent ces vues ne connaissent pas ou ne comprennent pas la théorie darwinienne. Ils considèrent que la seule alternative est la chance pure ou le dieu créateur, préférant la seconde explication à la première. Or, l'explication divine est aussi improbable que l'autre. Le seul hasard ne suffit pas à expliquer l'apparition de l'œil dans l'évolution. Mais l'intervention miraculeuse de dieu est au fond aussi difficile à justifier que celle de l'œil, et pour les mêmes raisons. La version darwinienne est la seule qui offre une explication cohérente. Elle est souvent incomprise parce que les gens ne parviennent pas à concevoir la très longue durée impliquée. Ils raisonnent selon les délais de court terme familiers à l'esprit humain et concluent que rien de semblable à l'évolution ne peut tenir dans un temps aussi court. Mais ils oublient la dimension immense des temps géologiques. Richard Dawkins :
le mot virus n'était peut-être pas le mieux approprié,
car il est associé à la maladie. On pouvait en déduire
que les gens religieux ont un esprit malade, et affirmer cela n'est pas
vraiment le meilleur moyen de se faire des amis... Richard Dawkins :
à l'origine, il s'agissait simplement d'un moyen de persuader mes
lecteurs que le darwinisme n'a pas besoin d'être fondé sur
l'ADN pour être opérationnel. Mon livre ne concernait que
les gènes, mais je voulais faire comprendre que toute entité
capable de réplication évoluerait de la même manière.
A l'époque, les virus informatiques n'existaient pas encore. Aussi
ai-je parlé de mème pour désigner les équivalents
culturels du gène. J'avais en tête les modes vestimentaires,
les coiffures, les recettes, toute compétence ou tout rituel qui
se transmet à travers les générations. Richard Dawkins :
la sociologie me paraît une des pistes possibles. On pourrait ainsi
suivre la course mondiale d'un événement quantifiable, comme
le nombre de gens qui portent une casquette de base-ball à l'envers.
Dans cet exemple précis, c'est un peu tard car le mème s'est
déjà répandu. Si vous voulez le saisir assez tôt,
voire lancer une nouvelle mode, il faudrait sans doute convaincre une
personne influente comme un chanteur de variété ou un joueur
de football. Une fois repérées les personnes ayant le bon
profil pour toucher les adolescents, vous pouvez observer et échantillonner
à travers le monde. Richard Dawkins: en
un sens, vous avez raison de remarquer que la technique progresse dans
une direction inverse de celle du darwinisme, mais il importe de souligner
qu'elle ne contredit en rien la vérité de la théorie
darwinienne de l'évolution. Le clonage signifie ainsi que vous
pouvez vous affranchir de certaines règles darwiniennes pour diriger
la vie. Nous le faisons depuis longtemps : la sélection artificielle
de l'élevage des animaux domestiques est par exemple non darwinienne.
Nous la pratiquons depuis des siècles, avec des résultats
étonnants puisque les chiens ou les choux sont devenus totalement
différents de leurs ancêtres sauvages en très peu
de temps. Je pense que l'on devrait plutôt qualifier ce procédé
de darwinisme expérimental. Si vous aviez voulu tester les lois
darwiniennes, vous auriez fait exactement comme les éleveurs, en
ne croisant que des petits ou des gros chiens entre eux. Richard Dawkins: oui. Un des meilleurs exemples nous vient d'une espèce de lézard vivant en Amérique du Nord. Dans certaines aires localisées, toute la population est composée de femelles se reproduisant par clonage : elles sont toutes de vraies jumelles. Il est probable que certaines femelles de cette espèce ont muté à un moment ou à un autre et sont devenues capables de se reproduire sans les mâles, leur descendance ayant peu à peu évacué la reproduction sexuelle. Richard Dawkins :
ma conception de l'éthique est plutôt utilitaire. Il me semble
que la seule objection valable à un acte est qu'il porte dommage
à un être conscient. Dans le cas du clonage, comme dans celui
de la fertilisation in vitro - qui est moins spectaculaire mais qui avait
soulevé une vive opposition éthique trente ans plus tôt
-, il faut se poser la question : qui en souffrira et qui en bénéficiera
? Richard Dawkins :
il n'y a pas de lien direct entre le clonage et le déchiffrement
du génome. Ce dernier est une magnifique réussite, une entreprise
exceptionnelle de coopération internationale et l'on peut être
fier que l'espèce humaine ait réussi cet exploit. Richard Dawkins: en
effet. Cet essai tente de dissiper l'erreur si répandue selon laquelle
la science serait une activité froide et inhumaine. Au contraire,
la science me paraît suprêmement poétique et romantique.
Bien sûr, elle a une dimension pragmatique : l'étude du monde
réel dans lequel nous vivons, permettant aux personnes compétentes
de mieux comprendre cet environnement. Richard Dawkins : ceux qui ont lu Le gène égoïste me disent souvent : n'est-ce pas une vision glaciale et triste du monde ? On m'a même demandé comment je trouvais le courage de me lever le matin. Mais la réalité est très différente. Je suis heureux de me réveiller chaque matin car j'ai le rare privilège d'être payé pour comprendre. Si mon travail était de vivre, et non de tenter de comprendre pourquoi je vis, il me serait certainement plus difficile d'y trouver un sens. Je ne doute pas que l'on puisse trouver du plaisir à travailler pour simplement vivre sa vie, mais travailler pour comprendre et pour aider les autres à comprendre me procure une joie et un plaisir sans égal. Richard Dawkins :
certes, la vie est cruelle. Darwin lui-même le reconnaissait en
soulignant : quel livre un émissaire du diable pourrait écrire
sur les manières basses, horribles, malignes, cruelles, égoïstes
de la nature ! La sélection naturelle elle-même est un processus
cruel. Pour parvenir à sculpter le lion ou la panthère,
de nombreuses générations de proies agonisant sous les griffes
de leurs ancêtres furent nécessaires. Richard Dawkins : je suppose que la culture joue un rôle très important. Les physiciens, par exemple, trouve une grande beauté dans l'élégance mathématique de l'univers. Il est probable que les esprits de nos lointains ancêtres, qui ne connaissaient rien aux mathématiques, éprouvaient néanmoins un sentiment comparable lorsqu'ils étaient confrontés à l'élégante beauté qui émane de la simplicité. Ils l'appréciaient certainement d'une manière différente de celle d'Einstein. Mais on peut au moins supposer qu'il existe dans le cerveau humain quelques mécanismes fondamentaux permettant d'apprécier la beauté, que celle-ci émane d'une formule mathématique ou de la courbure d'un fleuve. Richard Dawkins :
il me semble pourtant que j'utilise ces deux formes de poésie.
L'horloger aveugle ou l'ascension improbable relèvent sans doute
de la métaphore magistrale, mais les métaphores écolières
ont aussi leur importance en science. Michael Faraday a certainement mieux
compris l'électromagnétisme parce qu'il imaginait des fils
de fer sous tension tentant de s'échapper. Einstein songeait pour
sa part à voyager dans un tramway approchant la vitesse de la lumière.
Un jour, j'ai rencontré le grand biologiste français Jacques
Monod. Il m'a dit que lorsqu'il réfléchissait aux molécules,
il lui arrivait souvent de faire progresser sa pensée en se demandant
: " Qu'est-ce que je ferais donc ici si j'étais moi-même
un atome d'hydrogène ? ". Les chimistes raisonnent souvent
de la sorte. Richard Dawkins : je ne désirais pas laisser entendre que Julian Huxley fut un mauvais scientifique. Je le cite simplement, avec Teilhard de Chardin et Herbert Spencer, parmi les auteurs considérant que l'évolution du vivant n'est qu'un exemple d'une loi plus générale de l'univers incluant l'évolution des étoiles ou celle des sociétés humaines. Il me semble qu'il s'agit là d'une mauvaise science poétique, car ces processus sont fort différents, obéissant à des lois indépendantes. Le transfert de l'un à l'autre n'apporte aucun éclaircissement particulier. Du point de vue purement scientifique, je pense aussi que Huxley avait tort en ce qui concerne l'existence d'une sélection de groupe et la non-persistance de la sélection sexuelle. Richard Dawkins : d'abord, la découverte de la structure en double hélice de l'ADN, en 1953, et tout ce qui a suivi : la notion de code génétique, la conception computationnelle et digitale des gènes, dont l'influence eut des effets profonds. La théorie de la sélection de parentèle de William Hamilton, précurseur du gène égoïste, fut aussi déterminante. Elle entraîna une conception de la vie comme jeu stratégique, avec les travaux de Hamilton, Trivers, Williams, Maynard-Smith. Les années 30 avaient connu elles aussi des avancées majeures : la théorie génétique de la sélection naturelle de Fischer a introduit les statistiques en génétique des populations, là où Darwin lui-même ne considérait que le niveau individuel.
Richard Dawkins : oh, très importante sans doute… mais j'ai oublié de quoi elle parlait !
Richard Dawkins : je ne pense pas que cette théorie possède des implications majeures. L'étude des formes de vestiges fossiles ne modifie pas en substance la théorie synthétique de l'évolution. Richard Dawkins : La relativité restreinte, la relativité générale, la théorie quantique, la synthèse néodarwinienne et l'ADN. Richard Dawkins : La compréhension complète de l'esprit, qui naîtra de la synthèse de la biologie et de l'informatique. Celle du développement de l'embryon, qui mobilisera surtout la génétique. La manière dont les gènes fabriquent le corps est de plus en plus étudiée. Peut-être existera-t-il un Projet embryon humain aussi imposant que le Projet génome humain. L'énigme de l'origine de la vie sera également percée. En ce qui concerne la physique, je ne saurais m'avancer : je sais que certains physiciens espèrent que la grande théorie unificatrice verra le jour au XXIe siècle.
Richard Dawkins : Je travaille à un nouveau livre pour lequel j'ai déjà signé un contrat, une histoire de la vie dont le titre provisoire est Ancestral Voices, une citation de Coleridge. Il s'agira d'une histoire rétrodictive, partant du présent pour remonter aux origines dans une sorte de pèlerinage. Le schéma est comparable à celui des pèlerins de Canterbury : un premier groupe, les humains, sera progressivement rejoint par d'autres à mesure qu'il remonte dans le temps - d'abord les chimpanzés, bien sûr, et ainsi de suite. Evidemment, il n'y aura pas assez de place pour inclure toutes les espèces, mais seulement les compagnons de pèlerinage ayant des histoires importantes à raconter : les pinsons des Galapagos nous parleront de l'évolution très rapide de leur archipel, par exemple.
©Winnand Dittrich.
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