recensions
 

Patrick Dorléans, Il était une fois l’évolution, Ellipses, 2003, 120 pages.
ISBN 2-7298-1326-8, 7,50€


La théorie darwinienne postule que tous les êtres vivants sont apparentés et qu’ils ont évolué graduellement, au moyen d’une sélection naturelle (et aveugle) de petites variations avantageuses, c’est-à-dire mieux adaptées au milieu. Patrick Dorléans, professeur de biologie et de géologie à Bourges, nous livre ici une analyse historique de cette thèse, dont la publication et les implications n’ont pas manqué de susciter de nombreuses réactions idéologiques et religieuses.
 
Jonathan Hodge et Gregory Radick (éditeurs), The Cambridge Companion to Darwin, Cambridge University Press, 2003, 486 pages.
Edition paperback, ISBN 0-521-77730-5, £18,95
Edition hardback, ISBN 0-521-77197-8, £50

Universellement reconnu en tant qu’un éminent biologiste, Charles Darwin, accède au rang d’éminent philosophe, avec son entrée, cette année, dans la prestigieuse collection des presses universitaires de Cambridge (The Cambridge Companion). De fait, si la théorie darwinienne vise d’abord à expliquer la transformation des espèces, son schéma central (variation/sélection/adaptation) a eu de nombreuses implications épistémologiques. Par ailleurs, l’évolutionnisme a son mot à dire sur des domaines aussi sensibles que les origines de l’esprit, du langage ou de la morale. Cette riche anthologie évoque ses débats contemporains aussi bien que l’histoire de la réception des idées de Darwin.
 
Robert Provine, Le rire, sa vie, son œuvre ; le plus humain des comportements expliqué par la science, Robert Laffont, 2003, 258 pages.

Robert Provine est neurobiologiste et spécialiste du comportement humain et animal. Professeur à l’Université du Maryland (Baltimore, Etats-Unis), il étudie scientifiquement le rire depuis des années. Phénomène d’une rare puissance sociale et émotionnelle, le rire est néanmoins méconnu. Dans ce livre, synthèse de dix années de recherche, Robert Provine montre comment le rire est un comportement programmé génétiquement. Sur le modèle des études zoologiques et anthropologiques, il examine les caractéristiques propres de ce « mouvement particulier » en l’incluant dans une recherche sur les fondements archaïques de la nature humaine. Un travail extrêmement bien référencé avec de nombreuses annexes pratiques qui éclaire un pan inédit de la courte évolution d’Homo Sapiens et de l’expression de ses émotions.
 
Simon Baron-Cohen, The essential difference ; the truth about the male and female brain, Basic Books, 2003, 271 pages.

Si les femmes adorent discuter des sentiments et des relations intimes de leurs amies quand les hommes se passionnent pour des résultats sportifs et des gadgets technologiques, ce n’est pas du fait d’éducations de mères abusives ou de pères trop distants mais bien à cause de la morphologie de leur cerveau. C’est ce que démontre dans ce livre Simon Baron-Cohen, professeur de psychologie et de psychiatrie à l’Université de Cambridge, spécialiste depuis vingt ans de l’autisme et des différences entre les sexes. Tests à l’appui (test du quotient d’empathie, test de « lecture dans les yeux » ou test du quotient de systématicité), l’auteur nous livre une étude à la fois riche et provocante sur la vérité profonde du comportement des hommes et des femmes.
 
Evolutionnary Aesthetics, sous la direction d’Eckart Voland et de Karl Grammer, Springer, 377 pages.

Comment comprendre le jugement esthétique ? La distinction spontanée entre « beau » et « laid » ? Peuvent-ils se rapporter à un avantage adaptatif sélectionné par l’évolution pour son caractère décisif dans les choix offerts aux hommes ? Ce recueil d’articles extrêmement documentés et argumentés de manière scientifique entend tisser un lien entre beau (qu’il soit de nature sexuelle, relevant de la beauté d’un paysage ou encore de l’art et de la technique) et succès évolutif, le laid étant synonyme de risques pour l’individu. Une étude d’anthropologie évolutionnaire limpide.