vie et œuvre d’Alfred Russel Wallace (1823-1913)

sommaire

1. Wallace l’explorateur

2. La co-découverte de la sélection naturelle

3. Un grand biogéographe… aux positions spiritualistes

4. Les années politiques

5. La ligne Wallace 6. L’effet Wallace

Résumé Naturaliste et explorateur anglais, comptant parmi les fondateurs de la zoogéographie, mais aussi auteur d’écrits sur le spiritualisme et les problèmes sociaux, Wallace a mené une vie riche en contrastes. Il offrit un soutien inconditionnel à la théorie de la sélection naturelle : et pour cause, il en fut le co-découvreur. Voici le portrait d’un des savants les plus originaux du XIXème siècle.

Mots-clefs Amazonie, Bates, biogéographie, Chambers, Darwin, effet Wallace, ligne Wallace, région faunique, spiritualisme, Weber, zones paléarctique, néarctique, éthiopienne, néotropicale, orientale et australienne, zoogéographie.

Alfred Russel Wallace est né le 8 janvier 1823 dans une famille pauvre du village de Usk. Son père meurt alors qu’il est encore très jeune, de sorte qu’il est éduqué par son frère aîné William et obligé d’arrêter le collège à l’âge de 13 ans. Peu de temps après avoir été envoyé à Londres, avec son grand frère John, il se lie à des partisans du socialiste utopique Robert Owen. Il commence sa vie professionnelle comme géomètre-arpenteur, dans l’étude de William, mais se passionne pour les sciences naturelles, et se met à collectionner les plantes. En 1844, il devient instituteur à Leicester, où la bibliothèque scolaire lui révèle plusieurs ouvrages précieux en histoire naturelle. La lecture joue un grand rôle dans la formation intellectuelle de Wallace, qui dépense tout ce qu’il gagne à acheter des livres. C’est aussi à Leicester qu’il rencontre un entomologiste amateur mais accompli, Henry Walter Bates, dont les vastes collections le fascinent et avec lequel il collectionne papillons et coléoptères. A la mort de son frère aîné, Alfred retourne travailler à l’étude, où il s’ennuie profondément. Avec son ami Bates, il projette d’organiser une expédition, et c’est ainsi que, le 25 avril 1848, les deux jeunes gens embarquent pour l’Amérique du Sud, afin de constituer une collection de spécimens zoologiques et botaniques. Wallace devient alors un naturaliste voyageur et s’apprête à exercer la dangereuse profession de chasseur d’oiseaux et d’insectes dans les pays tropicaux où sévissent les fièvres.

1. Wallace l’explorateur retour

Mais le jeune Wallace ne veut pas simplement explorer et collecter des matériaux. Impressionné par Les Vestiges de l’histoire naturelle de la Création – l’opuscule anonyme de Robert Chambers –, les ouvrages de Alexandre de Humboldt et de Charles Lyell, ainsi que par le Voyage d’un naturaliste autour du monde de Charles Darwin, il veut étudier la distribution géographique des espèces en vue de comprendre leur origine. Il est d’ailleurs convaincu du fait de l’évolution depuis 1845. Sur le terrain, Wallace concentre son attention sur les régions de l’Amazonie centrale et du Rio Negro. Il parvient à remonter le Rio Negro plus loin qu’aucun autre explorateur à cette époque, et établit une carte de la région qui restera la référence pendant plusieurs années. Quant à Bates, il va explorer pendant 11 ans l’Amazonie du Sud, assurant sa réputation de naturaliste et d’entomologiste, et contribuant de manière significative au futur développement de la théorie de la sélection naturelle, à travers son élucidation du concept de ressemblance mimétique (« le mimétisme batesien ») et ses divers écrits sur la biogéographie.
En 1852, Wallace est en mauvaise santé. Incapable de continuer ses recherches, il entreprend le voyage du Rio Negro à Pará (aujourd’hui Belém). De retour vers l’Angleterre, une catastrophe survient : le bateau sur lequel il se trouve prend feu, le 6 août 1852, et toutes ses précieuses collections, ainsi que ses carnets et notes sont détruits : heureusement, bien assuré, le désastre est plus scientifique que financier, et Wallace parvient à reconstituer de mémoire une partie de son travail. Au cours des deux années suivantes, il publie une étude ethnobotanique sur les palmiers et leur utilisation, puis le récit de son voyage. En 1854, il s’embarque pour une nouvelle expédition, mais cette fois-ci dans l’archipel malais (l’actuelle Indo-malaisie). Il ne se doute pas qu’il part pour un voyage de huit ans, qui va le conduire à la formulation de sa théorie de la sélection naturelle.
Durant sa période indonésienne, Wallace organise 70 expéditions représentant plus de 22 000 km, visite au moins une fois chaque île importante de l’archipel et réunit en tout 125 660 spécimens, dont plus d’une centaine renvoyant à de nouvelles espèces. Au cours de février 1855, il écrit son premier article théorique : « Sur la loi qui a présidé à l’introduction de nouvelles espèces », d’après lequel une nouvelle espèce apparaît toujours dans une zone déjà occupée par une espèce préexistante apparentée. Comme Darwin, Wallace initie une nouvelle conception de l’évolution : non plus observer l’apparition et la transformation des grands embranchements dans le temps, mais comparer les taxa contemporains géographiquement. Cette dernière approche fonde la biogéographie (ou plus précisément, pour les animaux, la zoogéographie), que Wallace participe à fonder, en divisant le globe en 6 grandes zones fauniques (paléarctique, néarctique, éthiopienne, néotropicale, orientale et australienne).

2. La co-découverte de la sélection naturelle retour

Tandis qu’il se trouve bloqué dans un petit port de l’archipel des Moluques, en proie aux fièvres du paludisme, Wallace poursuit sa réflexion sur l’origine et l’adaptation des êtres vivants. Il se met à relier les idées de Thomas Malthus sur les limites de la croissance démographique au mécanisme de l’évolution des espèces, ce qui l’amène au concept de « survie du plus apte », selon lequel les organismes les mieux adaptés aux changements locaux ont une plus grande propension à survivre, donc à se reproduire et à transmettre leurs caractères à leur progéniture. Pendant ses moments de calme et de lucidité, il rédige un projet d’article, et, comme il n’est plus un inconnu, il envoie en juin de la même année son manuscrit – un petit texte de huit pages intitulé Sur la tendance des variétés à s’écarter indéfiniment du type originel – à celui qu’il juge le plus digne d’en estimer la valeur : Darwin.
Le manuscrit développe une approche géographique de l’évolution et cherche à reconstituer la phylogenèse à partir de la distribution géographique d’espèces apparentées. Darwin y reconnaît la démarche qu’il développe depuis 1842. Le 18 juin, Darwin et le géologue Lyell présentent le manuscrit de Wallace, à la Société Linnéenne de Londres, accompagné d’un résumé du travail de Darwin, extrait d’un manuscrit de 1844, ainsi qu’une lettre qu’il avait adressée le 5 septembre 1857 au botaniste américain Asa Gray.
La théorie de Wallace justifiait-elle l’effarement de Darwin ? En comparant les textes des deux naturalistes, on s’aperçoit que, au-delà de frappantes similitudes pouvant s’expliquer par des lectures communes, une expérience de terrain et un goût pour la biogéographie, il existe quelques différences de point de vue : Wallace met davantage l’accent sur la logique malthusienne, dans une analyse proche de ce que nous appellerions une écologie des populations (comment le milieu régule et stabilise les populations), en reliant immédiatement le problème à l’homme, là où Darwin se concentre davantage sur la spéciation, en s’appuyant plutôt sur la domestication des espèces ou des arguments strictement biologiques (anatomie comparée, systématique, embryogenèse, etc.) Dans son article de 1858, Wallace utilise l’expression de « struggle for existence » (lutte pour la survie) et se montrera critique vis-à-vis de la formule darwinienne de « sélection naturelle », lui reprochant son anthropomorphisme. Il ira même jusqu’à écrire à Darwin, en 1866, que sa préférence va à l’expression spencérienne de « survival of the fittest » (survivance du plus apte) – expression pourtant imparfaite, parce que circulaire (il est tentant de définir le plus apte… comme celui qui survit).
Par la suite, Wallace, bien que poursuivant avec succès sa carrière scientifique, s’efface devant Darwin qui, ainsi, a la bonne fortune d’être le principal champion de l’évolutionnisme. Situation paradoxale, quand on sait que, à l’exception de l’origine de l’esprit humain, Wallace était un sélectionniste extrémiste (il rejetait la conception lamarckienne des caractères acquis), là où Darwin admettait une pluralité d’explications possibles. Quoiqu’il en soit, après son départ de l’archipel malais en 1862, Wallace restera sa vie durant le meilleur spécialiste de cette région du monde, en particulier pour la zoogéographie.

3. Un grand biogéographe…
aux positions spiritualistes retour

Après s’être marié en 1866, les réflexions de Wallace sur l’anthropologie vont suivre un cours inattendu. Autour de 1865, il met en doute tout modèle matérialiste d’explication des origines de l’esprit humain, y compris le modèle darwinien. Cet autre aspect de la vie intellectuelle de Wallace, nonobstant son côté anecdotique, n’est pas sans avoir eu quelques conséquences. Alors que Wallace s’était intéressé plus tôt que Darwin à la question des origines humaines, il refuse désormais d’appliquer la sélection naturelle au « niveau spirituel », suite à sa conversion au spiritualisme. Virage déroutant, mais pas aussi incompréhensible qu’il n’y paraît. En fait, dès l’âge de vingt ans, Wallace a étudié le mesmérisme, et, tout au long de sa vie, cette question continue de le captiver, au point qu’il publiera une centaine d’écrits sur le spiritualisme. Dès lors, il va douter publiquement que la sélection naturelle puisse expliquer l’apparition des qualités supérieures de l’esprit humain.
Dans une conférence lue lors d’une réunion de l’Anthropological Society of London le 1er mars 1864 (Puis publiée sous le titre « The Origin of Human Races and the Antiquity of Man Deduced from the Theory of ?Natural Selection? », dans le Journal of the Anthropological Society of London (Anthropological Review), 2, 1864, p. 158-170). Wallace défend le principe d’une évolution intellectuelle propre à l’homme, qui viendrait remplacer la sélection naturelle, car l’assistance publique, l’entraide, les liens de solidarité, la morale, la division du travail, la médecine, toutes ces tendances sociales ont pour résultat de modifier la sélection naturelle. Il se trouve alors que les qualités intellectuelles et morales tendent à se développer de plus en plus, et en retour, à modifier encore davantage l’évolution humaine. Il y a là une manière d’expliquer l’origine des races, en montrant que ces qualités ne se sont pas développées partout de la même façon, d’autant que les climats ont une influence importante sur les caractères des peuples. Au mois d’avril 1869, Wallace radicalise sa position avec un article publié dans la Quaterly Review : « Sir Charles Lyell on Geological Climates and the Origin of Species » (il s’agit d’une recension de la dixième édition des Principles of Geology et de la sixième édition des Elements of Geology), Quaterly Review, n° 126, avril 1869, p. 359-94.) : d’après lui, tout se passait comme si une Intelligence supérieure avait accumulé des variations chez l’homme en vue d’une noble finalité, à l’image de ce que font les éleveurs avec les animaux domestiques. L’homme, être spirituel, jouirait ainsi d’une évolution spéciale. Cette théorie est de nouveau formulée par Wallace en 1870. Ses Contributions à la théorie de la sélection naturelle comprennent un essai de quarante pages qui soutient que l’esprit humain est supérieur à la nature, et que l’évolution humaine a été dirigée par une force supérieure.
Durant cette période, Wallace continue à être prolifique : il publie ses premiers textes sur la politique en 1865, ses écrits sur la géodésie en 1866, ses premières études sur les phénomènes glaciaires en 1867, et en 1869, le premier d’une série d’essais sur l’organisation du muséum. Sa réputation de naturaliste s’étend bientôt au grand public avec son énorme succès : The Malay Archipelago (1869), suivi de la Contribution à la théorie de la sélection naturelle (ouvrage traduit en français en 1872 par L . de Candolle). Dans la décade suivante, Wallace publie 150 travaux, qu’il s’agisse d’essais, de lettres, de compte-rendus, de livres d’observations ou de monographies. Ses écrits scientifiques se focalisent sur la sélection naturelle, la distribution géographique et la glaciologie, notamment dans trois ouvrages devenus classiques : The Geographical Distribution of Animals (1876), Tropical Nature, and Other Essays (1878), et Island Life (1880). Le premier, véritable Bible de la biogéographie, précise le concept de « région faunique » et traite de la méthode en zoogéographie ; le deuxième s’intéresse aux origines et aux caractères de la faune et de la flore tropicales ; le dernier étudie la structure et les biotopes des îles, dans leur relation avec les processus glaciaires, de façon à découvrir les traits de la distribution géographique des plantes et des animaux.

4. Les années politiques retour

Les écrits des années 1870 sont aussi marqués par une attention accrue aux problèmes sociaux, intérêt qui ne se démentira plus par la suite. Pendant ce temps, les difficultés personnelles s’accumulent. Mal investis, la plupart des profits retirés de ses collections sont perdus. Ne parvenant pas à améliorer sa position sociale, Wallace vit d’expédients et d’emplois subalternes (comme éditer les manuscrits des autres naturalistes). En 1881, sur l’intervention de Darwin, le gouvernement lui accorde une pension annuelle de 200 livres, ce qui le soulage, sans lui permettre complètement de vivre.
Durant les années 1880, Wallace se tourne essentiellement vers les questions sociales, politiques et même économiques : dans un contexte de réforme agraire, il soutient en particulier le mouvement de « nationalisation des terres », et devient le premier président de la Land Nationalization Society. Dans le même temps, il épouse la cause du mouvement ouvrier. Suite à la lecture de Looking Backward d’Edward Bellamy, Wallace se convertit au socialisme, alors que son attirance précoce pour les idées d’Owen n’avait pas réussi à le convaincre d’abandonner les principes libéraux. Désormais fervent socialiste, il va ouvertement critiquer le système capitaliste et l’accumulation des richesses, notamment parce qu’ils empêchent le libre choix dans le mariage et le renouvellement des élites. Nous sommes loin de la réputation de « darwiniste social » qu’on prête encore aujourd’hui à Wallace…
Le naturaliste prend position sur un grand nombre de sujets (il se déclare par exemple en faveur du droit de vote pour les femmes). Ses propositions de réforme de la Chambre des Lords et de l’Eglise anglicane expliquent d’ailleurs que beaucoup de conservateurs grimacent à la simple mention de son nom. Dans la deuxième moitié des années 1880, Wallace est invité à donner une série de conférences à travers les Etats-Unis. Son voyage en Amérique inspire au scientifique un ouvrage majeur : Darwinism, publié en 1889 – synthèse des travaux de Darwin et de ses propres réflexions. D’une manière plus générale, il ne faudrait pas croire que les questions sociales et politiques aient complètement absorbé Wallace : sur un total de 150 travaux, une douzaine d’entre eux ont trait à l’évolution, à la biogéographie et à la géographie physique.
Au tournant du siècle, Wallace est sans doute le naturaliste anglais le plus célèbre. Le savant continuera d’écrire et de publier jusqu’à la fin : ses deux derniers livres sont sous presse l’année même de sa mort. Président de plusieurs sociétés scientifiques, récompensé à plusieurs reprises, élu membre de la Royal Society, le naturaliste s’éteint le 7 novembre 1913, à l’âge de 90 ans. Le 1er novembre 1915, une médaille à son nom est placé dans l’abbaye de Westminster.

5. La ligne Wallace retour

Au XIXème siècle, les naturalistes avaient établi les premières cartes des grandes zones fauniques en commençant par les oiseaux. Généralisant cette idée à tous les groupes zoologiques, Wallace décrit la discontinuité entre zones australienne et orientale, appelée « ligne Wallace », dans son texte « On the Zoological Geography of the Malay Archipelago », lu devant la Société Linnéenne, en novembre 1859.
C’est entre Bali et Lombok (une des îles de l’archipel indonésien de la Sonde), et entre Bornéo et Célèbes (pour traverser ensuite les Philippines), que le naturaliste fait passer la ligne-frontière qui différencie les aires d’extension des flores et faunes orientales et australiennes. Nous dirions aujourd’hui que la ligne Wallace sépare les espèces des îles occidentales et orientales d’Indonésie. Par exemple, des espèces animales de Bali, comme certains fauves (le Tigre notamment) ou des oiseaux, comme le Pivert, sont inconnus à Lombok ; à l’inverse, cette île offre des espèces absentes de Bali : Perroquet, Nectarinie (oiseau suceur de miel), Mégapode (oiseau terrassier), oiseaux qui sont apparentés à ceux de l’aire australienne.
Néanmoins – ce principalement après 1890 – la validité de la ligne Wallace est contestée ; et deux solutions se font jour pour la remplacer : (a) constitution d’une région de transition ; (b) déplacement de la limite vers l’est. En effet, des espèces de transition existent entre Bali et Lombok, de sorte que cette dernière apparaît davantage comme une aire de transition à partir de laquelle les espèces australiennes ont supplanté les espèces orientales. Ainsi Mayr a-t-il montré (1945) que les espèces d’oiseaux changeaient graduellement d’est en ouest à travers les îles, et non pas brusquement selon la ligne Wallace. Celle-ci serait plutôt une zone de passage entre la faune continentale riche, au nord, et la faune insulaire appauvrie de Célèbes et des Moluques.
Le problème de cette solution (constitution d’un territoire mixte) est qu’il faut remplacer une limite par deux autres. Certes, il y a bien interpénétration des zones orientale et australienne, mais c’est le cas de toutes les zones géographiques, et nulle part une limite biogéographique n’est une ligne sans deuxième dimension. En outre, il est possible de prouver, pour certains groupes d’animaux, l’existence d’une autre limite, plus à l’est : c’est la ligne Weber, du nom du naturaliste allemand qui montra le premier qu’il n’y a pas de limite zoologique tranchée entre Bali et Lombok.
Le fait que la dissémination des espèces se produise de manière très diverse selon les groupes d’animaux rend par surcroît délicate l’appréciation des limites biogéographiques : une zone de transition comme la ligne Wallace ou Weber joue un rôle différent selon qu’il s’agit, par exemple, des Mollusques ou du plancton atmosphérique (micro-organismes en suspension dans l'atmosphère). Enfin, la nature de telles barrières a beaucoup changé au cours de l’histoire géologique.

6. L’effet Wallace retour

Selon Darwin, les espèces taxonomiquement les plus éloignées ont plus de chances de coexister, dans la mesure où la compétition qui s’exerce entre elles est moins vive. A l’inverse, plus des individus ou des espèces sont apparentés, plus la compétition qui s’ensuit est féconde en variations, entraînant une accélération de la sélection et donc de l’évolution. C’est le principe de divergence, qu’illustre l’aventure des fameux Pinsons des Galápagos chez qui, à partir d’une forme ancestrale, se sont différenciées des espèces bien distinctes.
Dans le cas d’espèces très semblables, dont les aires de répartition se chevauchent, une des tendances observées est de produire des différences exagérées, afin d’occuper des niches écologiques moins proches et de se faire une concurrence moins sévère. C’est ici qu’intervient l’effet Wallace. Décrit en 1889, celui-ci désigne le processus suivant : si deux organismes (pour faire simple) se trouvent avantagés dans la compétition pour la survie, il s’ensuit un isolement reproductif (se démarquant des autres, les deux organismes se reproduisent préférentiellement ensemble), qui finit, en se réitérant de génération en génération, par rendre les hybrides entre les descendants de ces deux organismes et les autres représentants de l’espèce non viables ; dès lors, c’est la spéciation (apparition d’une nouvelle espèce).

Stéphane Barbier