[Da - Dy].

Darwinisme
Théorie expliquant l'évolution des espèces, originellement proposée par le biologiste britannique Charles Darwin. Le darwinisme repose sur la notion de sélection naturelle. Cette dernière ne modifie pas directement les organismes vivants mais opère des choix parmi certains d'entre eux. Les données de la génétique complètent cette théorie en montrant l'existence des gènes et des mutations.
Le néo-darwinisme, ou plus précisément sa version plus récente que l'on appelle théorie synthétique de l'évolution, explique qu'à partir des différences génétiques existant entre les individus, la sélection choisit certains plutôt que d'autres et favorise ainsi leurs génotypes. De la sorte, la nouvelle génération différera, souvent de façon infime, de la précédente, et ainsi de suite au fil des temps. C'est d'ailleurs comme cela, par une sélection que l'on qualifie d'artificielle, qu'ont été créées les races d'animaux domestiques. Cette interprétation s'est désormais complètement imposée face aux autres théories explicatrices de l'évolution et notamment le lamarckisme. Le concept sur lequel elle repose, la sélection, a en outre un grand pouvoir explicatif puisqu'on l'applique avec succès non seulement à l'évolution (la phylogenèse) mais aussi au développement de l'individu (l'ontogenèse).
Cf. sélection et instruction.
Dendrite
Prolongement ramifié de la cellule nerveuse (ou neurone). De façon générale, les dendrites sont plus courtes que l'axone. Alors que l'axone se termine par la synapse et transmet l'influx nerveux aux cellules voisines, les dendrites reçoivent les stimuli des autres neurones.
Diabète
Ensemble de maladies caractérisées par une envie de boire (polydipsie) et l'émission d'urines anormalement abondantes (polyurie). En pratique, le mot diabète se confond souvent avec le diabète sucré qui se traduit par une augmentation du taux de sucre dans le sang (glycémie) et dans les urines (glycosurie).
On distingue plusieurs formes de diabète sucré : le diabète de type I qui atteint des sujets presque toujours maigres et exige obligatoirement un apport en insuline et le diabète de type II qui peut comporter un traitement par cette hormone mais sans nécessité vitale. Cette dernière catégorie comprend elle-même un diabète du sujet obèse, le plus fréquent, et un autre du sujet non obèse. L'origine des diabètes est encore assez mystérieuse bien que l'existence de gènes susceptibles d'y prédisposer ne fasse pas de doute.
Dépression
Fléchissement du tonus neuro-psychique se manifestant par la tristesse, la lassitude, la fatigue, le pessimisme. La dépression nerveuse se différencie de l'état de tristesse résultant d'une cause précise (deuil, etc.). Elle serait plutôt un chagrin sans raison d'être. On a tendance à considérer aujourd'hui cette maladie comme une affection du cerveau, due dans certains cas au moins (notamment dans la psychose maniaco-dépressive) à des particularités génétiques. Chez le vieillard, l'état dépressif, fréquent, peut parfois faire penser à une démence (cf. maladie d'Alzheimer). Chez l'enfant, la dépression existe aussi. Elle se traduit par divers comportements (par exemple la boulimie) et on ne la détecte pas toujours.
Diagnostic prénatal
Possibilité d'établir un diagnostic chez le fœtus avant la naissance. De nombreuses maladies, génétiques ou non, sont ainsi détectables. Le diagnostic prénatal permet de prendre certaines décisions : avortement précoce, recours à une chirurgie du fœtus ou encore préparation à un traitement particulier dès la naissance. Les méthodes de diagnostic prénatal sont nombreuses : l'échographie pour voir vivre le fœtus, suivre ses mouvements et reconnaître plusieurs pathologies; l'amniocentèse (prélèvement du liquide amniotique qui baigne le fœtus) ou la biopsie du trophoblaste pour l'étude de ses cellules; le prélèvement du sang fœtal, sous échographie, voire l'examen des marqueurs de cellules fœtales dans le sang maternel, ce qui offre la possibilité d'un diagnostic plus simple, etc.
Ces techniques permettent l'étude du caryotype du fœtus et donc le repérage d'éventuelles aberrations chromosomiques, mais aussi la détection de plusieurs maladies génétiques (comme la mucoviscidose), celle d'affections congénitales non héréditaires (par exemple la toxoplasmose) ainsi que la détermination du sexe de l'enfant.
Cf. conseil génétique.
Diastole
C'est la période au cours de laquelle les ventricules du cœur se remplissent de sang.
Cf. systole.
Différenciation cellulaire
Processus du développement au cours duquel les cellules, provenant toutes d'une cellule unique (l'œuf), se modifient et acquièrent des compétences et attributs particuliers. Se forment ainsi des cellules nerveuses ou neurones, des cellules du foie (hépatocytes), des cellules du sang, etc. Bien qu'elles conservent l'ensemble de leur patrimoine génétique (leur génome), ces cellules diffèrent les unes des autres. Elles ont restreint le champ de leurs possibilités pour ne réaliser que quelques-unes de leurs potentialités. De façon générale, une fois différenciées, les cellules ne peuvent revenir en arrière, se "dédifférencier". C'est précisément ce qui rend difficile la fabrication de clones à partir de cellules adultes. Toutefois, il existe dans les divers organes, des cellules souches non complètement différenciées et dont le pool constitue une sorte de réservoir en cas de besoin.
Différenciation sexuelle
Processus par lequel les individus développent un corps et un comportement de type mâle ou femelle. La différenciation sexuelle commence à la fécondation puisque la présence d'un chromosome Y (masculin) accompagnant un chromosome X distingue le futur garçon de la fille, porteuse de deux chromosomes X. Mais elle ne s'achève qu'à la puberté avec l'acquisition des caractères sexuels secondaires (par exemple le développement des seins dans le sexe féminin). Elle résulte de facteurs endocriniens (les hormones), génétiques et psychosociaux.
D'une façon générale, le développement débute de la même façon dans les deux sexes. L'embryon possède des organes similaires, quel que soit son genre, mais ses organes vont se différencier par la suite. Ses canaux de Wolf et de Müller vont évoluer différemment selon le sexe. Chez les femelles, les canaux de Müller donneront les trompes de Fallope, l'utérus et le vagin interne, tandis que subsisteront seulement quelques vestiges des canaux de Wolf. Chez les mâles, les hormones testiculaires feront évoluer ces derniers en épididymes, canaux déférents et vésicules séminales tandis que les canaux de Müller se rétrécissent.
En dehors de ce schéma normal de développement, un grand nombre d'anomalies sont susceptibles, par exemple, de masculiniser des femmes ou de féméminiser des hommes. Détail intéressant : les hormones sexuelles agissent aussi au niveau du cerveau. On a d'ailleurs désormais identifié des différences dans cet organe entre les hommes et les femmes. On peut donc dire que si le cerveau influence le développement et le comportement sexuel, les hormones sexuelles (sécrétées par les glandes sexuelles ou gonades) ont en retour un effet sur le cerveau.
Cf. dimorphisme sexuel.
Dimorphisme sexuel
Les sexes ne se différencient pas uniquement au niveau des organes génitaux. Entre mâles et femelles, il existe de nombreuses autres différences a priori non sexuelles et non liées à la reproduction ou à ses conséquences (les seins, par exemple). Ainsi, chez les primates (homme compris), le mâle est plus lourd et plus fort. On peut d'ailleurs aisément distinguer le crâne d'un gorille mâle de celui d'un gorille femelle. Chez les canards, les plumages diffèrent, etc.
Ce dimorphisme sexuel concerne tous les aspects de la physiologie, y compris ceux relatifs au cerveau. On a désormais identifié plusieurs différences entre hommes et femmes à ce niveau (notamment, semble-t-il, une moindre asymétrie cérébrale dans le sexe féminin). On pense qu'elles expliquent en partie les différences psychologiques et comportementales entre les sexes.
Diploïde
Double jeu de chromosomes homologues. Les cellules de notre corps sont diploïdes, à l'exception de nos gamètes (cellules sexuelles : spermatozoïdes et ovules) qui ne contiennent qu'un seul lot et sont donc haploïdes.
Diversité des anticorps
Chacun d'entre nous peut produire des dizaines de millions d'anticorps différents, susceptibles de reconnaître pratiquement tous les éléments étrangers (antigènes) possibles. Ces anticorps étant des protéines codées par des gènes (cf. code génétique), comment expliquer une telle diversité dès lors qu'existent davantage d'anticorps que de gènes ?
Pour comprendre cette énigme, il faut savoir que les molécules d'anticorps sont des immunoglobulines faites de chaînes protéiques différentes : des chaînes dites légères et des chaînes lourdes. Elles comprennent des parties variables et d'autres constantes, le site de reconnaissance de l'antigène étant fait d'un segment variable d'une chaîne légère et d'un segment variable d'une chaîne lourde. Pour chacune de ces chaînes existe un pool de séquences génétiques. Au cours du développement des cellules B (ou lymphocytes B : les cellules qui produisent les anticorps), se produisent des phénomènes de recombinaison. Des cellules B avec les divers réassemblages d'ADN possibles sont engendrées, permettant d'obtenir des dizaines de milliers de possibilités. S'ajoutent à cela l'imprécision de la zone de jonction entre fragments constant et variable, source d'une variété additionnelle, ainsi que de très nombreuses mutations somatiques (donc non liées à la lignée des cellules reproductrices). C'est ainsi que l'on obtient, à partir d'un stock génétique limité, une quasi infinité d'anticorps.
otons que le processus ici en cause associe mutations et sélection (les diverses cellules B étant sélectionnées par la présence de l'antigène correspondant) de sorte que l'on voit ici en œuvre un processus typiquement darwinien, mais à l'échelle du développement de l'individu et non de l'évolution des espèces.
Cf. sélection et instruction, darwinisme, immunologie.
Division cellulaire
Cf. Cycle cellulaire, mitose, méiose.
Dizygote
Se dit de jumeaux issus de deux œufs (ou zygotes) distincts. Sur le plan génétique, ils sont aussi différents que deux frères et sœurs ordinaires et peuvent d'ailleurs être de sexe différent, contrairement aux jumeaux monozygotes.
Dominant (gène)
Quand un seul des deux gènes homologues (ou allèles) s'exprime, celui dont l'effet se manifeste est dit dominant. L'autre est dit récessif.
Dopamine
Neurotransmetteur. Il fait partie du groupe des catécholamines. La dopamine est le neurotransmetteur de réseaux de neurones impliqués dans diverses tâches, notamment en rapport avec le mouvement. La maladie de Parkinson correspond à la destruction de neurones à dopamine d'une zone précise du cerveau (la substance noire). La dopamine semble aussi impliquée dans la recherche du plaisir. Les excitants du système nerveux augmentent le niveau de dopamine.
Double hélice
La molécule d'ADN est formée de deux brins enroulés l'un autour de l'autre, l'ensemble ayant la forme d'une double hélice comme l'a révélé l'étude de sa structure en trois dimensions. Il s'agit là de l'un des aspects les plus caractéristiques de cette molécule, de sorte qu'en pratique ADN et double hélice sont fréquemment utilisés comme synonymes.
Si les deux brins de l'ADN sont ainsi assemblés, c'est parce que les nucléotides qui le composent (il en existe quatre types différents en fonction de leur base : adénine ou A, thymine ou T, cytosine ou C et guanine ou G) s'apparient de façon précise : A avec T, C avec G, et réciproquement. Les deux brins de la double hélice se séparent au moment de la division cellulaire (ou mitose), chacun d'entre eux servant ensuite de matrice pour la formation de son homologue.
Douleur
Sensation anormale et pénible provoquée par l'excitation d'un système sensitif particulier. Les fibres de la douleur proviennent de récepteurs (qui peuvent être situés au niveau de la peau par exemple), vont à la moëlle épinière, remontent dans celle-ci et arrivent jusqu'au cerveau. On sait qu'existent dans le système nerveux des molécules qui sont des médiateurs de la sensation douloureuse ou qui permettent de résister à la douleur (les endorphines ou endomorphines, qui sont les morphines du cerveau). En pratique médicale, la sensation de douleur constitue un symptôme souvent essentiel pour établir un diagnostic. Notons que, dans bien des cas, on continue à trop négliger la douleur chez le patient, alors même que l'on dispose d'une importante panoplie de médicaments efficaces.
Drosophile
Mouche dont l'étude a joué un rôle considérable dans le développement de la génétique. Animal à durée de vie courte, la drosophile a servi de modèle pour identifier une multitude de mutations génétiques. La carte génétique et même le séquençage du génome de la drosophile sont désormais disponibles.
Plus récemment, l'étude de la drosophile a permis d'identifier la présence de gènes architectes, essentiels au développement : les gènes homéotiques (Cf. homéoboites), ainsi que le rôle de certains autres gènes dans le comportement et la longévité.
Dsm IV
Classification moderne des maladies mentales qui évolue en fonction des connaissances (avant le DSM IV, les psychiatres utilisaient le DSM III). L'abréviation DSM vient de Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. Le principe consiste à définir les critères précis de chaque forme pathologique. Il existe ainsi des critères pour la psychose maniaco-dépressive, la schizophrénie, la maladie d'Alzheimer, etc. Il s'agit d'éviter la subjectivité. Bien que de plus en plus systématiquement admis, le DSM IV est encore contesté par certains. Il existe d'ailleurs d'autres classifications des maladies mentales, notamment celle de l'Organisation Mondiale de la Santé. On remarquera, en outre, que des particularités considérées comme des maladies dans des éditions antérieures sont désormais extraites du champ des pathologies de l'esprit (l'homosexualité par exemple).
Dyslexie
Trouble de l'apprentissage de la lecture chez l'enfant, souvent associé à une dysorthographie (difficulté pour l'orthographe). On pense qu'il s'agit d'un événement lié à une anomalie du développement cérébral et comportant un déficit perceptif (auditif et même visuel).