[Ha - Hy].

Hallucination
Perception de quelque chose qui n'existe pas, par exemple un fantôme. De nombreux individus, par ailleurs sains d'esprit, perçoivent régulièrement des fantômes. Ne pas confondre avec une illusion, déformation d'une perception réelle.
Haploïde
Simple jeu de chromosomes. Les cellules de notre corps sont diploïdes : elles possèdent deux jeux de chromosomes, de sorte que nous avons deux gènes homologues de chaque sorte (des allèles). Les cellules sexuelles (spermatozoïdes et ovules) sont haploïdes. Lors de la fécondation, l'œuf qui se forme regroupe ces deux stocks haploïdes pour donner une cellule diploïde, comprenant tous les chromosomes nécessaires au futur organisme.
Hardy-Weinberg (loi de)
Loi génétique qui précise les conditions d'équilibre des allèles dans une population. Dans les conditions définies par cette loi, la fréquence des allèles n'est modifiée que si la situation se trouve perturbée par un phénomène quelconque changeant les conditions de l'environnement.
Hayflick (limite de)
La plupart des cellules en culture (notamment les fibroblastes, cellules de la peau qui se cultivent facilement in vitro) ne se divisent pas éternellement, mais seulement quelques dizaines de fois. C'est ce que l'on appelle la limite de Hayflick, du nom du chercheur qui l'a mise en évidence. Les cellules tumorales ne connaissent pas une telle limite et se divisent indéfiniment.
Cf. aussi télomère
Heautoscopie
Sensation de perception de l'image de son propre corps, projetée en dehors de soi et vue comme dans un miroir. Elle s'observe dans certains cas d'épilepsie et chez les sujets qui ont eu la sensation de passer quelque temps entre la vie et la mort.
Hématie
Synonyme de globule rouge. Il y a normalement entre 4 et 5 millions d'hématies par millimètre cube de sang. La diminution du nombre des globules rouges entraîne l'anémie, état caractérisé par une grande fatigue.
Hématologie
Etude du sang
Hématopoièse
Formation des cellules du sang, principalement dans la moelle des os.
Héminégligence
Syndrome neurologique, conséquence d'un accident vasculaire cérébral, caractérisé par le fait que le sujet ne perçoit que la moitié de l'espace. Il ne mangera, par exemple, que ce qui se trouve sur une moitié de son assiette.
Hémoglobine
Protéine contenue dans les globules rouges ou hématies qui donne au sang sa couleur et sert à transporter l'oxygène. Synthétisée par les globules rouges lors de leur formation au sein de la moelle osseuse, l'hémoglobine fixe la molécule d'oxygène (au niveau des poumons) pour le relâcher au niveau des organes, où elle se charge au contraire en gaz carbonique. L'hémoglobine riche en oxygène (on la trouve dans les artères) est un pigment rouge vif. Elle devient bleue quand elle a perdu son oxygène (dans les veines).
Hépatite
Inflammation du foie qui peut être aiguë ou chronique. On distingue les hépatites virales, liées aux virus A, B, C, D ou E, les hépatites toxiques ou médicamenteuses (de nombreux médicaments exercent un effet toxique sur le foie), alcooliques, bactériennes ou parasitaires. Les hépatites se traduisent notamment par un ictère, coloration jaune de la peau et du blanc d'œil, que l'on appelle jaunisse en langage courant.
Hérédité
Transmission des caractères normaux ou pathologiques au cours des générations. L'étude scientifique de l'hérédité constitue la génétique.
Voir gène.
Hérédité des caractères acquis
Théorie selon laquelle des caractères acquis par l'organisme au cours de son existence, au niveau de son corps (cf. soma), c'est-à-dire indépendamment de sa lignée germinale (cf. germen) peuvent passer à la génération suivante. Si des souris auxquelles on coupait la queue durant leur vie mettaient ensuite au monde des petits sans queue, ce serait un phénomène d'hérédité des caractères acquis. Beaucoup de gens y croient encore et les théories lamarckiennes (cf. lamarckisme) s'en inspirent. Toutes les expériences, notamment celles faites dès l'origine de la biologie moléculaire, montrent qu'un tel phénomène ne peut exister. Les mutations préexistent à la sélection et l'information va du gène (c'est-à-dire de l'ADN ou éventuellement de l'ARN, mais toujours d'un acide nucléique) vers les protéines sans que le cheminement inverse soit possible. C'est ce que l'on appelle le dogme central de la biologie moléculaire qui contredit toute possibilité d'hérédité des caractères acquis.
Héritabilité
Part de la différence observée entre individus et pour un caractère déterminée, qui dépend de l'hérédité (cf. aussi gène). Il existe plusieurs façons d'évaluer l'héritabilité. Dans le cas de l'intelligence, telle que la mesurent les tests de QI, on trouve que la valeur de l'héritabilité se situe entre 0,5 et 0,8. Ce qui signifie qu'entre 50% et 80% de la variation entre individus s'explique par des facteurs génétiques. Ces données reposent notamment sur les études effectuées sur les jumeaux.
Hermaphrodite
Personne qui a des caractères mâles et femelles. L'hermaphrodisme est la coexistence, chez un même organisme, d'organes sexuels mâles et femelles. Il existe chez l'homme de façon pathologique, mais certaines espèces vivantes sont naturellement hermaphrodites.
Hétérosis
Vigueur des hybrides. Phénomène observé lors d'expériences d'hybridation lorsque les produits de première génération obtenus à partir de parents issus de lignées pures présentent une caractéristique qui ne se situe pas entre celle de leurs deux géniteurs, mais au-delà. Les hybrides pourront ainsi être d'une taille plus importante que leurs deux parents.
Ce phénomène s'explique encore assez mal. On pense qu'il résulte notamment du fait que les croisements rendent plus difficile l'expression de gènes défavorables (tares) récessifs, c'est-à-dire ne se manifestant que lorsque les deux allèles correspondants sont identiques. Il est possible aussi que l'hybride puisse, pour certains caractères, bénéficier de la somme des potentialités des deux parents et non simplement d'une possibilité intermédiaire.
Hétérozygote
Situation dans laquelle les deux allèles d'un même locus situés sur les deux chromosomes homologues sont différents. Contraire d'homozygote, lorsque les deux allèles sont identiques.
Hippocampe
Partie du cerveau particulièrement impliquée dans les processus de mémorisation. Les sujets présentant des lésions complètes de leur hippocampe ne peuvent plus rien apprendre.
Cf. aussi entorhinal (cortex), mémoire, limbique (système)
Histocompatibilité
Compatibilité entre un donneur et un receveur lors d'une greffe. Elle dépend des antigènes du système HLA.
HLA
Antigène d'histocompatibilité chez l'homme. HLA signifie histocompatibility leucocyte antigen. A l'origine, il s'agissait d'antigènes découverts sur les leucocytes (globules blancs), alors qu'on ne connaissait auparavant, comme groupes sanguins, que des antigènes situés sur les hématies (globules rouges). En réalité, les antigènes du système HLA sont présents sur toutes les cellules du corps. Ce sont des molécules plantées à la surface des membranes et codées par des gènes constituant le complexe majeur d'histocompatibilité, situé sur le chromosome 6 et qui représentent à eux seuls le millième du génome humain (cf. Human genome).
Ce système, complexe, comprend de nombreux gènes. On distingue les gènes de classe I (HLA-A, B et C), les gènes de classe II (DPA, DPB, DQA , DQB, DRA et DRB) puis les gènes de classe III qui codent pour les facteurs du complément. Ces molécules ont une structure particulière qui évoque celle des immunoglobulines (anticorps). Alors que les molécules de classe I sont exprimées sur toutes les cellules de l'organisme, celles de classe II ne se trouvent que sur des cellules du système immunitaire (notamment les lymphocytes B et les macrophages) dont la fonction commune est de présenter les antigènes aux lymphocytes T. Ce dispositif constitue la pièce maîtresse du système qui permet à l'organisme de reconnaître le soi et le non soi. Les milliers d'antigènes HLA qui flottent à la surface des cellules présentent en effet dans leur sillon, un peptide qui sera reconnu comme appartenant à l'organisme (soi) ou, au contraire, comme étranger (non soi).
L'une des caractéristiques du système HLA est son extrême polymorphisme. Il existe une quasi infinité de combinaisons pour les 18 molécules HLA (9 venant du père et 9 autres de la mère). Au total, on estime qu'il n'y a qu'une chance sur 800 000 milliards pour que deux Européens non apparentés aient exactement les mêmes HLA. Il s'agit donc d'une véritable carte d'identité génétique et on conçoit qu'en cas de greffe, il soit impossible de trouver des sujets complètement compatibles (sauf entre jumeaux vrais).
Homéoboite
Segment d'ADN très conservé au cours de l'évolution, de 180 paires de bases, et que l'on trouve dans les gènes homéotiques, ceux qui spécifient la nature et la succession des segments du corps.
Homéostasie
Processus qui permet à l'organisme de maintenir la constance de son milieu intérieur. Il est indispensable au maintien en vie et plusieurs organes y concourent (le rein en excrétant les déchets, l'intestin en évacuant les résidus, les glandes endocrines, etc.). Pour cela, des hormones exercent des effets antagonistes et existent divers systèmes de rétro-contrôle : lorsque le taux d'une substance s'élève, cela produit l'arrêt de sa propre production. Une maladie comme le diabète résulte d'un mauvais fonctionnement des mécanismes homéostatiques.
Homéotherme
Animal qui maintient constante la température de son corps contrairement aux organismes poïkilothermes. L'homme est une espèce homéotherme. Les reptiles sont poïkilothermes.
Cf. thermorégulation
Hominidé
Famille de l'espèce humaine (Homo sapiens) dans la classification des espèces. L'homme mais aussi les grands singes (chimpanzé, gorille, orang-outan) ainsi que les australopithèques fossiles font partie de la famille des hominidés.
Cf. aussi primate.
Homme
Représentant de l'espèce Homo sapiens, composée elle-même de diverses races. Simple en apparence (les hommes actuels font tous partie de la même espèce et peuvent se reproduire entre eux mais pas avec les autres primates), cette notion est toutefois plus complexe quand on l'applique à l'histoire des hommes fossiles. Où commence l'homme ? On estime le plus souvent qu'il débute avec le genre Homo, c'est-à-dire avec l'Homo habilis ou avec un autre homme ancien. On doit noter en outre que, du fait de son extrême proximité génétique avec notre espèce, le chimpanzé mérite, selon de nombreux généticiens, d'être intégré dans le genre Homo.
Cf. aussi bonobo, origine de l'homme.
Homo erectus
Homme fossile ancêtre de l'Homo sapiens et successeur d'un homme plus primitif (souvent considéré comme l'Homo habilis). L'Homo erectus est le premier homme à avoir conquis plusieurs continents, sortant de l'Afrique pour aller en Europe et en Asie. Le sinanthrope de Chine et le pithécanthrope de Java sont des Homo erectus. Homo erectus est aussi l'inventeur du feu.
Cf. aussi Origine de l'homme, paléoanthropologie.
Homo habilis
Le premier homme selon de nombreux spécialistes de l'étude des origines de l'homme (cf. paléoanthropologie). Issu de certains australopithèques et localisé en Afrique, il aurait donné naissance à l'Homo erectus, conquérant de la planète. On tend aujourd'hui à considérer la notion d'Homo habilis comme un fourre tout regroupant peut-être des sujets d'espèces différentes.
Cf. aussi Homme, Homo sapiens,
Homo sapiens
Homme moderne dans la classification des espèces.
Homogamie
Tendance à se reproduire avec des sujets présentant des caractères génétiques proches ou apparentés.
Cf. assortative mating, kin recognition.
Homosexualité
Relation sexuelle avec un sujet du même sexe. L'homosexualité semble plus répandue dans la nature qu'on ne le croyait. Mais il est difficile de savoir si les comportements homosexuels des animaux sont vraiment similaires à ceux observés dans l'espèce humaine. Il semble en particulier difficile de trouver des cas d'organismes préférant systématiquement les relations avec les sujets de leur propre sexe.
Homozygote
Situation dans laquelle deux allèles identiques se situent au niveau du même locus sur les chromosomes homologues. Contraire d'hétérozygote, lorsque les deux allèles sont différents.
Horloge biologique
Système physiologique permettant à l'organisme de se repérer dans son activité cyclique. Les noyaux supra-chiasmatiques, situés dans le cerveau, constituent une des principales horloges biologiques du corps.
Cf. aussi chronobiologie, circadien
Hormone
Substance produite par une glande. Elle exerce sa fonction à distance, sur un organe cible. Il existe de nombreuses hormones dans le corps humain, par exemple celles produites par les gonades, l'hypophyse, l'hypothalamus, la thyroïde, etc.
Human genome
Projet visant à séquencer complètement le génome humain, c'est-à-dire l'hérédité humaine. Le génome est constitué d'un enchaînement de nucléotides constituant l'ADN. L'aboutissement du projet Human genome consiste donc à identifier tous les éléments de cette séquence, qui peuvent être de quatre types différents en fonction de la base du nucléotide (A pour adénine, T pour thymine, G pour guanine et C pour cytosine; la séquence est donc représentée par une suite de ces quatre lettres). Du fait du polymorphisme humain, la séquence obtenue ne correspond pas exactement à celle de chaque individu (cf. aussi gène).
Il est d'ailleurs très intéressant de rechercher aussi les différences individuelles, ne serait-ce que pour identifier les éléments génétiques en cause dans les maladies.
Le projet Human genome est aujourd'hui presque accompli. En même temps, on s'efforce aussi de décoder des génomes d'autres organismes. Certains, parmi les plus simples, sont déjà connus. D'autres le sont partiellement, comme ceux de la souris ou de la mouche drosophile par exemple. Il sera à terme particulièrement intéressant de disposer de celui de notre plus proche parent dans la nature, le chimpanzé (cf. homme).
Huntington (chorée de)
Démence d'origine génétique qui affecte le sujet vers le milieu de sa vie et se traduit aussi par des mouvements anormaux. La maladie d'Alzheimer, autre démence, survient au contraire tardivement dans l'existence (sauf dans de très rares cas).
Hybridation cellulaire
Fusion entre deux cellules qu'on réalise en laboratoire grâce à l'utilisation d'un virus particulier ou d'une substance chimique permettant de modifier les membranes cellulaires. Dans ces conditions, les noyaux fusionnent et éliminent certains chromosomes. Cette technique a été l'une des premières utilisées pour établir des cartes génétiques.
Hybridome
Lignée cellulaire obtenue par la fusion (cf. hybridation) d'une lignée de lymphocytes B producteurs d'anticorps avec des cellules d'une tumeur lymphocytaire. L'intérêt de cette technique est de permettre la formation d'une grande quantité d'anticorps très spécifiques. Cf. anticorps monoclonal
Hypertension artérielle
Elévation anormale de la tension artérielle. On parle d'hypertension quand la tension au repos dépasse 14 centimètres de mercure pour la pression maximale ou systolique (Cf. Systole) et 8,5 centimètres pour la pression minimale ou diastolique (Cf. Diastole). L'hypertension artérielle est un facteur de risque cardio-vasculaire essentiel, raison pour laquelle on considère qu'on doit la traiter par des médicaments. Notons qu'elle augmente avec l'âge.
Hypoglycémie
Diminution anormale du taux de glucides dans le sang (la glycémie) au-dessous de 2,4 millimoles, soit 0,45 gramme par litre. L'hypoglycémie se traduit par des palpitations, de la sueur et une sensation de faim. Elle peut survenir à la suite d'un effort physique, à cause d'une lésion (notamment en cas de tumeur du pancréas) ou à la suite d'une intoxication.
Hypophyse
Glande endocrine située dans le cerveau, sous l'hypothalamus. Chef d'orchestre des productions hormonales de l'organisme, elle est, elle-même, sous le contrôle de l'hypothalamus. La partie antérieure de l'hypophyse (antéhypophyse) produit cinq hormones exerçant une fonction de contrôle sur d'autres glandes endocrines: la thyréotrophine ou tsh, la corticotrophine ou a.c.t.h., les gonadotrophines (fsh et lh) et la somatotrophine (ou sth) qui joue un rôle dans la croissance. La partie postérieure (posthypophyse) stocke deux hormones de l'hypothalamus (l'hormone antidiurétique ou adh et l'ocytocine).
Hypothalamus
Partie du cerveau, située au-dessous du thalamus et au-dessus de l'hypophyse. L'hypothalamus joue un rôle essentiel dans le contrôle de l'activité du système nerveux végétatif (par exemple en intervenant sur le rythme cardiaque et respiratoire) et dans celui de la vie hormonale. Les hormones produites par l'hypothalamus contrôlent en effet celles sécrétées par la partie antérieure de l'hypophyse : la thyréolibérine (ou trh pour thyrotrophin releasing factor) agit sur la sécrétion de thyréostimuline; la corticolibérine (ou crf pour corticotrophin releasing factor) sur celle de corticotrophine; la gonadolibérine (ou gnrh pour gonadotrophin releasing hormone ou encore lh-rh pour luteinizing releasing hormone) sur celles des gonadotrophines; la somatostatine (ou gh-rih pour growth hormone releasing inhibiting hormone) sur celle de somathormone.
Hypoxie
Diminution de la quantité d'oxygène dans le sang. Elle peut résulter d'une ischémie, diminution ou arrêt de la circulation artérielle.
Hypnose
Altération transitoire de la conscience, proche du sommeil et provoquée par la suggestion d'un hypnotiseur.
Hystérie
L'hystérie est une conversion corporelle d'un conflit psychique. Indépendamment des crises d'hystérie, on distingue une hystérie de conversion caractérisée par des manifestations psycho-motrices, en l'absence de lésion organique mais qui miment une pathologie. Notons que le sujet n'agit pas volontairement. L'hystérie est considérée comme une névrose dans les anciennes classifications psychiatriques, concept que la classification nouvelle (dsm iv) ne retient pas.